La pêche au homard des Iles-de-la-Madeleine

La pêche au homard des Iles-de-la-Madeleine

02 May 2024Lin Qiu Yi Wan

Reportage avec un pêcheur des Îles-de-la-Madeleine !

L'histoire d'amour entre Odessa Poissonnier et le homard des Îles-de-la-Madeleine remonte à celle de ses propriétaires, la famille Ferron. Dès les années quatre-vingt, ils ont rapproché l'archipel d'une clientèle avide de ces légendaires homards.

Quarante-deux ans plus tard, les spécialistes de la mer d'Odessa Poissonnier travaillent toujours de pair avec des entreprises locales pour mettre en valeur les homards de cette région emblématique.


© Photo de courtoisie: Les Poissons frais des Îles, Îles-de-la-Madeleine

Plus jeune, Gabriel Vigneau a senti l'appel du large : après des études à Montréal et à Québec en comptabilité et en administration, il a été tenté par un emploi dans une tour à bureaux à Toronto. Cependant, il a changé de cap pour retourner aux Îles-de-la-Madeleine, où il est devenu directeur de Poissons Frais des Îles, une entreprise-phare ancrée à Havre-Aubert depuis 1985 et récemment reprise avec son père Christian, pêcheur passionné depuis l'âge de 14 ans.

Chaque année, pendant neuf semaines, une trentaine d'employés s'active au rythme frénétique de cette pêche quasi miraculeuse pour l'économie locale.

La mer qu'on voit danser

Dès le début du mois de mai, qu'il fasse beau ou mauvais temps, environ mille personnes se lèvent vers trois heures du matin pour converger vers les ports et lever des casiers de homard afin de répandre du bonheur à travers le monde. En plus de soutenir une grande partie de l'économie de l'archipel, cette activité se déroule « six jours par semaine, sauf le dimanche », comme l'explique Gabriel.


© Photo de courtoisie: Les Poissons frais des Îles, Îles-de-la-Madeleine

Depuis sa jeunesse, Gabriel a souvent vécu cette expérience où tempêtes et brouillard s'invitent parfois : « Quand ça arrive, seuls l'expérience et les outils de navigation nous permettent de savoir où nous sommes ».

 

Pour l'amour du homard

Gabriel explique que chaque capitaine-propriétaire d'un permis de pêche au homard peut larguer 273 casiers au fond de l'eau. Chaque casier en bois pèse environ 68 kilos (150 livres) et peut abriter jusqu'à 6 crustacés de taille minimale au moment d'être sorti de l'eau, à la force du poignet. Les casiers sont liés en groupes de 7 et ne peuvent être remontés qu'une seule fois par jour.

Le travail est dur, mais gratifiant, surtout depuis que la ressource abonde ces dernières années. Cette année, ils espèrent une saison de 50 000 livres de homards par pêcheur, contre 25 ou 30 000 livres les années précédentes.


© Photo de courtoisie: Les Poissons frais des Îles, Îles-de-la-Madeleine

Concernant la question des femmes à bord des homardiers, Gabriel estime qu'une trentaine y participe, dont Maggy, la fille de son père.

Au terme de ces 54 jours de très haute intensité, les épaules se relâchent lors de la dernière journée d'effort pour remonter tous les casiers et les redéposer sur la terre ferme, jusqu'à l'année prochaine. « Rendu là, tout le monde est vraiment fatigué, mais fier de sa saison ! », résume Gabriel.

 

Pourquoi le homard des Îles est-il si exceptionnel ?

Enfin, Gabriel explique ce qui rend le homard des Îles si exceptionnel : pêché sur des fonds rocheux, sa carapace dure est remplie et sa qualité est impeccable. Il le déguste simplement en coquille, à la vapeur, avec un peu de sel.

La saison de pêche 2021 s'annonce très exigeante mais tout aussi gratifiante, affirme Gabriel. Alors de partout au Québec, bravo et merci aux pêcheurs, à leurs familles et à celles et ceux qui, sur mer comme sur terre, prêchent, préparent et transportent sur plusieurs continents, jusque dans nos assiettes, ces fabuleux trésors d'ici.

 

Source

Entrevue avec Gabriel Vigneau, Directeur de Poissons Frais des Îles, Havre-Aubert, Îles-de-la-Madeleine.

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